Renault : Ghosn s'engage sur la pérennité du site de Sandouville
[ 30/09/08 - 17H51 - actualisé à 19:20:00 ]
Carlos Ghosn a promis à Nicolas Sarkozy de garder son site havrais, spécialisé dans le haut de gamme de la marque et actuellement en sous charge. L'usine fabriquera un nouvel utilitaire à partir de 2012. Une piste déjà évoquée par le PDG en juillet dernier.
DR
Le Pdg de Renault Carlos Ghosn s'est engagé mardi devant Nicolas Sarkozy à assurer la pérennité de ses sites français, notamment celui de Sandouville (Seine-Maritime) où sera construit un nouveau véhicule utilitaire à partir de 2012, a annoncé l'Elysée. La piste de l'utilitaire, évoquée par Carlos Ghosn ,en juillet dernier est donc confirmée, mais il va falloir attendre trois ans. Le site normand, emblématique du haut de gamme Renault, devra donc fabriquer un véhicule utilitaire pour survivre.
Carlos Ghosn, qui a été reçu par le chef de l'Etat mardi après-midi, "a confirmé au président de la République l'importance qu'il attache à la pérennité des sites français et sa volonté que les adaptations nécessaires de l'activité se fassent par des départs volontaires", a indiqué la présidence.
"Cette pérennité sera assurée pour Sandouville par l'implantation sur le site d'un nouveau véhicule utilitaire dont l'industrialisation débutera en 2012" et qui "viendra compléter la production de voitures existantes", a ajouté l'Elysée dans un communiqué rendu public après l'entretien. Nicolas Sarkozy a assuré au Pdg du groupe automobile que le gouvernement prendrait alors "les mesures nécessaires pour assurer la compétitivité de cette production sur le site, notamment par la réforme prévue de la taxe professionnelle", indique également le texte. (source AFP)
Les syndicats de Renault prudents
L'attribution d'un véhicule utilitaire à partir de 2012 à l'usine Renault de Sandouville, près du Havre, annoncée mardi par l'Elysée, est jugée "très insuffisante" par la CGT qui estime que le site est ainsi toujours "menacé de disparition". "Que fait-on d'ici 2012 alors que l'Espace est en fin de vie, qu'on produit 5 Vel Satis par jour et que la fabrication de la Laguna est tombée à 120 exemplaires contre 480 au printemps ?", s'est interrogé Fabrice Leberre délégué CGT. Il estime que les salariés ne sont pas prêts à accepter "encore quatre ans" de chômage économique qui leur fait perdre "400 ou 500 euros par mois". De son côté, Guy Vallot secrétaire FO du comité d'entreprise a qualifié de "bonne nouvelle" l'annonce de l'Elysée. "On a maintenant une meilleure visibilité mais cela ne nous dit pas comment on passe le cap jusqu'en 2012", a commenté ce syndicaliste.Réagir à cet article | Voir les commentaires publiés (0)
mardi 30 septembre 2008
Bourse : comment réagir face à la crise ?
[ 26/09/08 - 12H14 ] - Voir les commentaires publiés (1)
L'accélération de la purge de la finance américaine a engendré un climat de panique sur les marchés. Le gigantesque plan de sauvetage du Trésor marque-t-il un tournant dans la crise ? Quelles sont les conséquences pour l'économie réelle ? Quel comportement adopter en Bourse dans ce contexte ? Pierre-Yves Gauthier, co-fondateur d'AlphaValue, société indépendante d'analyse financière, a répondu à vos questions le 26 septembre.
CHRIS: Pensez-vous que le plan de Mr. Paulson peut échouer et si oui qu'elles en serait les conséquences ? A l'opposé si un feu vert lui est donné, est-ce suffisant pour une reprise des indices boursiers ?
Pierre_Yves_Gauthier: Oui il peut échouer. Non, il reste insuffisant pour une reprise des indices boursiers. Oui il peut échouer car on est sur le territoire du politique et une semaine après ce basculement vers le politique, il n'y a toujours aucune précision sur le fonctionnement de ce plan et sur le pourquoi des 700 milliards de dollars. L'échec de ce plan dans son format initial pourrait donner lieu à une autre forme d'intervention qui passerait non par un rachat des créances mais par une injection de capital dans les banques. Il en résulterait une dilution massive des actionnaires de ces dernières.
cmarie-france: Comment voyez vous à l'heure actuelle la sortie de crise en Europe, et plus particulièrement en France ? Quelles en seront les conséquences sur l'économie réelle ? Ou bien est-ce trop tôt pour une analyse fiable ?
Pierre_Yves_Gauthier: Il est malheureusement toujours trop tôt pour livrer une analyse fiable! L'Europe est moins financiarisée que l'économie américaine et donc a priori moins sensible au credit crunch. Ce dernier est pourtant inévitable. Un fort ralentissement économique paraît tout aussi inévitable. Il est difficile de trouver des arguments qui permettraient à l'économie française de ne pas en subir les conséquences. L'immixion de l'Etat dans la sphère financière qui paraît acquise quelles que soient les économies (USA-Europe) permettra d'apporter ce qui manque en matière de confiance mais conduira très probablement à une remise en cause de la distribution de richesse à l'avantage des actionnaires. En clair l'économie réelle va ralentir probablement plus fortement que l'on ne l'envisage et les actionnaires vont continuer de souffrir.
nacery73: Serait-ce à nouveau les petits porteurs qui vont absorber l'onde de choc ?
Pierre_Yves_Gauthier: Les actionnaires vont continuer de souffrir, donc les petits porteurs. Il n'y a pas lieu de faire un distingo entre gros et petits porteurs: le souci de la sphère politique sera davantage de protéger les déposants et les épargnants. Cela peut passer comme suggéré précédemment par une dilution considérable des actionnaires. A ce titre ils absorberont bien l'onde de choc.
momentum: La planète entière a maintenant pleine conscience du risque systémique et on peut considérer que le marché a acté. Warren buffet a commencé ses emplettes. N'est-ce pas justement un signal d'achat ?
Pierre_Yves_Gauthier: J'aimerais pouvoir partager votre opinion. Il est vrai qu'un certain nombre d'acquisitions menées par le monde de l'industrie ces dernières semaines suggère que les prix sont revenus à des niveaux séduisants. Inversement, la première partie de votre question est aussi la cause de ma perplexité: une soudaine réalisation que les dégâts dépassent tout ce qui avait pu être envisagé ne serait-ce qu'il n'y a quelques mois. Le plan Paulson paraît avoir été fabriqué dans l'urgence. A ce titre, il éclaire le risque systémique sous un jour bien sombre.
externaute: L'assainissement est loin d'être terminé, et pourtant, il faudrait envisager dès à présent la reconstruction du système financier américain. Quelles pourraient-être, dans cette optique, les options du futur Président des EU, et les conséquences de ces choix sur les équilibres économiques globaux ? Que faudrait-il anticiper : un effondrement total ? un miracle ? un système différent ? Un renouveau douloureux ? L'OMC peut-elle exploser aussi ?
Pierre_Yves_Gauthier: Merci de proposer une question à choix multiples. Un renouveau douloureux serait ma réponse la plus raisonnable. Le pire n'est jamais certain dans les marchés financiers du fait de l'adaptation permanente des acteurs. Le capitalisme vit de sa destruction-reconstruction. Il émergera sous une forme nécessairement plus mûre et probablement sous une forme plus régulée et donc moins profitable pour les actionnaires. Renouveau donc, mais douloureux dans la phase transitoire. On pourra aussi ajouter que l'intervention de la puissance publique pourrait se traduire par un capitalisme plus redistributif. Les progrès de l'OMC n'ont pas été satisfaisants ces dernières années en partie du fait de blocages américains. On peut se plaire à imaginer qu'un capitalisme américain plus équilibré soit plus à l'écoute des vertus prônées par l'OMC.
Lottie: Les hedge funds seront-ils les prochaines victimes de la crise ? Et quelles seraient les conséquences de leur défaillance ?
Pierre_Yves_Gauthier: Les hedge funds vivent du crédit. Aussi est-il surprenant en première analyse qu'ils aient pu résister à ce point au cours des 18 derniers mois. Le paradoxe est d'ailleurs d'avoir comme premières victimes de la crise financière non les hedge funds mais les banques d'affaires (leurs fournisseurs de crédits). Le credit crunch conduira inévitablement les hedge funds à réduire leur activité sans nécessairement passer par des défaillances en chaîne. En effet les hedge funds n'étant pas régulés et gérant à leur rythme les remboursements, ne connaissent nullement les risques de liquidité auxquels sont confrontés les acteurs traditionnels (banques principalement). La contraction de leurs encours participera cependant à la pression baissière sur les prix des actifs financiers.
Morgan: Que va t-il se passer sur les titres financiers quand l'interdiction de ventes à découvert sera levée ?
Pierre_Yves_Gauthier: Voilà une question aussi technique qu'importante. L'interdiction des ventes à découvert est à l'origine de la violente hausse des valeurs financières de vendredi 19 septembre dernier. Il est tentant de conclure que l'autorisation produira l'effet contraire. Cependant on a pu constater hier avec le cas de Fortis qu'en dépit de l'interdiction de vente à découvert, certaines valeurs financières pouvaient être sous très forte pression. On peut ainsi envisager que la réouverture des ventes à découvert ne se traduise pas nécessairement par un effondrement de certains cours de bourse, notamment parce que les régulateurs boursiers et les prêteurs de titres (assureurs) ont à coeur d'encadrer davantage ces mouvements.
Robert: Reste t-il un avenir pour les banques d'investissement ? Bravo pour la création de votre société AlphaValue qui aura sans aucun doute un succès considérable.
Pierre_Yves_Gauthier: Merci pour vos encouragements. Bien sûr qu'il reste un avenir pour les banques d'affaires, d'autant plus important que la crise économique probable conduira à moult opportunités d'intermédiation pour ces établissements. Le basculement statutaire des banques d'affaires américaines ne remet pas en cause leur potentiel d'activités.
og: Faut-il procéder à un arbitrage sectoriel et/ou géographique ? Et si oui, le ou lesquels ? Merci
Pierre_Yves_Gauthier: Les arbitrages géographiques paraissent vains tant la contraction du crédit a une dimension systémique. Sectoriellement le secteur pétrolier offre un très grand confort en matière de dividendes quel que soit le cours du brut. Les secteurs considérés comme plus défensifs (pharmacie, distribution alimentaire) pourraient s'avérer décevants dans la mesure où la contraction économique pourrait se propager aussi à ces segments. Le moment crucial des arbitrages sectoriels sera celui du retour en respectabilité des valeurs financières, c'est à dire après les vagues de recapitalisation. Il est à noter que le monde de l'assurance européen semble avoir commis un sans faute à cette heure en dépit de la catastrophe que représente AIG. Cela mérite d'être salué.
illusion0: Ayant un portefeuille composé de plusieurs valeurs du compartiment C, avec des pertes conséquentes à ce jour, quelle situation adopter : vendre (même à perte) ou attendre encore avec le risque de tout perdre ? Les plus bas sont tous les jours franchis, alors jusqu'où cela peut-il aller ?
Pierre_Yves_Gauthier: Si votre situation patrimoniale vous permet de tenir vos positions, le temps efface en principe les plus grosses déceptions boursières. Il vous faudra faire le tri néanmoins dans votre portefeuille pour peut être couper vos risques sur les sociétés susceptibles de faire faillite du fait d'une conjoncture dégradée. Ce facteur-là n'est pas toujours suffisamment intégré.
cdeniau: En cas de faillite de ma banque, le fond de garantie de 70.000 euros s'applique-t-il pour la somme de mes avoirs (compte courant, livrets d'épargne, compte épargne logement, plan d'épargne logement, PEA) ? Je perdrais tous mes fonds au-delà de cette limite ? Si oui, ne serait-il pas plus prudent de transférer une partie de mes fonds dans une autre banque ?
Pierre_Yves_Gauthier: Très sincèrement je ne sais pas quelle est la réponse à votre question. [lesechos.fr : à ce sujet, lisez notre dossier Crise Financière : conséquences et opportunités pour les épargnants]
Merci pour vos questions directes et en formulant mes excuses lorsque mes réponses se sont avérées incomplètes.
Chat préparé et modéré par Muryel Jacque
L'accélération de la purge de la finance américaine a engendré un climat de panique sur les marchés. Le gigantesque plan de sauvetage du Trésor marque-t-il un tournant dans la crise ? Quelles sont les conséquences pour l'économie réelle ? Quel comportement adopter en Bourse dans ce contexte ? Pierre-Yves Gauthier, co-fondateur d'AlphaValue, société indépendante d'analyse financière, a répondu à vos questions le 26 septembre.
CHRIS: Pensez-vous que le plan de Mr. Paulson peut échouer et si oui qu'elles en serait les conséquences ? A l'opposé si un feu vert lui est donné, est-ce suffisant pour une reprise des indices boursiers ?
Pierre_Yves_Gauthier: Oui il peut échouer. Non, il reste insuffisant pour une reprise des indices boursiers. Oui il peut échouer car on est sur le territoire du politique et une semaine après ce basculement vers le politique, il n'y a toujours aucune précision sur le fonctionnement de ce plan et sur le pourquoi des 700 milliards de dollars. L'échec de ce plan dans son format initial pourrait donner lieu à une autre forme d'intervention qui passerait non par un rachat des créances mais par une injection de capital dans les banques. Il en résulterait une dilution massive des actionnaires de ces dernières.
cmarie-france: Comment voyez vous à l'heure actuelle la sortie de crise en Europe, et plus particulièrement en France ? Quelles en seront les conséquences sur l'économie réelle ? Ou bien est-ce trop tôt pour une analyse fiable ?
Pierre_Yves_Gauthier: Il est malheureusement toujours trop tôt pour livrer une analyse fiable! L'Europe est moins financiarisée que l'économie américaine et donc a priori moins sensible au credit crunch. Ce dernier est pourtant inévitable. Un fort ralentissement économique paraît tout aussi inévitable. Il est difficile de trouver des arguments qui permettraient à l'économie française de ne pas en subir les conséquences. L'immixion de l'Etat dans la sphère financière qui paraît acquise quelles que soient les économies (USA-Europe) permettra d'apporter ce qui manque en matière de confiance mais conduira très probablement à une remise en cause de la distribution de richesse à l'avantage des actionnaires. En clair l'économie réelle va ralentir probablement plus fortement que l'on ne l'envisage et les actionnaires vont continuer de souffrir.
nacery73: Serait-ce à nouveau les petits porteurs qui vont absorber l'onde de choc ?
Pierre_Yves_Gauthier: Les actionnaires vont continuer de souffrir, donc les petits porteurs. Il n'y a pas lieu de faire un distingo entre gros et petits porteurs: le souci de la sphère politique sera davantage de protéger les déposants et les épargnants. Cela peut passer comme suggéré précédemment par une dilution considérable des actionnaires. A ce titre ils absorberont bien l'onde de choc.
momentum: La planète entière a maintenant pleine conscience du risque systémique et on peut considérer que le marché a acté. Warren buffet a commencé ses emplettes. N'est-ce pas justement un signal d'achat ?
Pierre_Yves_Gauthier: J'aimerais pouvoir partager votre opinion. Il est vrai qu'un certain nombre d'acquisitions menées par le monde de l'industrie ces dernières semaines suggère que les prix sont revenus à des niveaux séduisants. Inversement, la première partie de votre question est aussi la cause de ma perplexité: une soudaine réalisation que les dégâts dépassent tout ce qui avait pu être envisagé ne serait-ce qu'il n'y a quelques mois. Le plan Paulson paraît avoir été fabriqué dans l'urgence. A ce titre, il éclaire le risque systémique sous un jour bien sombre.
externaute: L'assainissement est loin d'être terminé, et pourtant, il faudrait envisager dès à présent la reconstruction du système financier américain. Quelles pourraient-être, dans cette optique, les options du futur Président des EU, et les conséquences de ces choix sur les équilibres économiques globaux ? Que faudrait-il anticiper : un effondrement total ? un miracle ? un système différent ? Un renouveau douloureux ? L'OMC peut-elle exploser aussi ?
Pierre_Yves_Gauthier: Merci de proposer une question à choix multiples. Un renouveau douloureux serait ma réponse la plus raisonnable. Le pire n'est jamais certain dans les marchés financiers du fait de l'adaptation permanente des acteurs. Le capitalisme vit de sa destruction-reconstruction. Il émergera sous une forme nécessairement plus mûre et probablement sous une forme plus régulée et donc moins profitable pour les actionnaires. Renouveau donc, mais douloureux dans la phase transitoire. On pourra aussi ajouter que l'intervention de la puissance publique pourrait se traduire par un capitalisme plus redistributif. Les progrès de l'OMC n'ont pas été satisfaisants ces dernières années en partie du fait de blocages américains. On peut se plaire à imaginer qu'un capitalisme américain plus équilibré soit plus à l'écoute des vertus prônées par l'OMC.
Lottie: Les hedge funds seront-ils les prochaines victimes de la crise ? Et quelles seraient les conséquences de leur défaillance ?
Pierre_Yves_Gauthier: Les hedge funds vivent du crédit. Aussi est-il surprenant en première analyse qu'ils aient pu résister à ce point au cours des 18 derniers mois. Le paradoxe est d'ailleurs d'avoir comme premières victimes de la crise financière non les hedge funds mais les banques d'affaires (leurs fournisseurs de crédits). Le credit crunch conduira inévitablement les hedge funds à réduire leur activité sans nécessairement passer par des défaillances en chaîne. En effet les hedge funds n'étant pas régulés et gérant à leur rythme les remboursements, ne connaissent nullement les risques de liquidité auxquels sont confrontés les acteurs traditionnels (banques principalement). La contraction de leurs encours participera cependant à la pression baissière sur les prix des actifs financiers.
Morgan: Que va t-il se passer sur les titres financiers quand l'interdiction de ventes à découvert sera levée ?
Pierre_Yves_Gauthier: Voilà une question aussi technique qu'importante. L'interdiction des ventes à découvert est à l'origine de la violente hausse des valeurs financières de vendredi 19 septembre dernier. Il est tentant de conclure que l'autorisation produira l'effet contraire. Cependant on a pu constater hier avec le cas de Fortis qu'en dépit de l'interdiction de vente à découvert, certaines valeurs financières pouvaient être sous très forte pression. On peut ainsi envisager que la réouverture des ventes à découvert ne se traduise pas nécessairement par un effondrement de certains cours de bourse, notamment parce que les régulateurs boursiers et les prêteurs de titres (assureurs) ont à coeur d'encadrer davantage ces mouvements.
Robert: Reste t-il un avenir pour les banques d'investissement ? Bravo pour la création de votre société AlphaValue qui aura sans aucun doute un succès considérable.
Pierre_Yves_Gauthier: Merci pour vos encouragements. Bien sûr qu'il reste un avenir pour les banques d'affaires, d'autant plus important que la crise économique probable conduira à moult opportunités d'intermédiation pour ces établissements. Le basculement statutaire des banques d'affaires américaines ne remet pas en cause leur potentiel d'activités.
og: Faut-il procéder à un arbitrage sectoriel et/ou géographique ? Et si oui, le ou lesquels ? Merci
Pierre_Yves_Gauthier: Les arbitrages géographiques paraissent vains tant la contraction du crédit a une dimension systémique. Sectoriellement le secteur pétrolier offre un très grand confort en matière de dividendes quel que soit le cours du brut. Les secteurs considérés comme plus défensifs (pharmacie, distribution alimentaire) pourraient s'avérer décevants dans la mesure où la contraction économique pourrait se propager aussi à ces segments. Le moment crucial des arbitrages sectoriels sera celui du retour en respectabilité des valeurs financières, c'est à dire après les vagues de recapitalisation. Il est à noter que le monde de l'assurance européen semble avoir commis un sans faute à cette heure en dépit de la catastrophe que représente AIG. Cela mérite d'être salué.
illusion0: Ayant un portefeuille composé de plusieurs valeurs du compartiment C, avec des pertes conséquentes à ce jour, quelle situation adopter : vendre (même à perte) ou attendre encore avec le risque de tout perdre ? Les plus bas sont tous les jours franchis, alors jusqu'où cela peut-il aller ?
Pierre_Yves_Gauthier: Si votre situation patrimoniale vous permet de tenir vos positions, le temps efface en principe les plus grosses déceptions boursières. Il vous faudra faire le tri néanmoins dans votre portefeuille pour peut être couper vos risques sur les sociétés susceptibles de faire faillite du fait d'une conjoncture dégradée. Ce facteur-là n'est pas toujours suffisamment intégré.
cdeniau: En cas de faillite de ma banque, le fond de garantie de 70.000 euros s'applique-t-il pour la somme de mes avoirs (compte courant, livrets d'épargne, compte épargne logement, plan d'épargne logement, PEA) ? Je perdrais tous mes fonds au-delà de cette limite ? Si oui, ne serait-il pas plus prudent de transférer une partie de mes fonds dans une autre banque ?
Pierre_Yves_Gauthier: Très sincèrement je ne sais pas quelle est la réponse à votre question. [lesechos.fr : à ce sujet, lisez notre dossier Crise Financière : conséquences et opportunités pour les épargnants]
Merci pour vos questions directes et en formulant mes excuses lorsque mes réponses se sont avérées incomplètes.
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